ジャン・フェラ – 「夜と霧」 (1963)  ビデオ・歌詞

「Nuit et brouillard 」の歌詞
Jean Ferrat

( Paroles et musique : Jean Ferrat )

 

  1   Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
  2   Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
  3   Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
  4   Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

  5   Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
  6   Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
  7   Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
  8   Ils ne devaient jamais plus revoir un été

  9   La fuite monotone et sans hâte du temps
 10   Survivre encore un jour, une heure, obstinément
 11   Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
 12   Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

 13   Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
 14   Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
 15   D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
 16   Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

 17   Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
 18   Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
 19   Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
 20   Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

 21   Les Allemands guettaient du haut des miradors
 22   La lune se taisait comme vous vous taisiez
 23   En regardant au loin, en regardant dehors
 24   Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

 25   On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
 26   Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
 27   Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
 28   Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

 29   Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
 30   L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
 31   Je twisterais les mots s’il fallait les twister
 32   Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

 33   Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
 34   Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
 35   Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
 36   Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent