Quand vous mourrez de nos amours J’irai planter dans le jardin Fleur à fleurir de beau matin Moitié métal moitié papier Pour me blesser un peu le pied Mourez de mort très douce Qu’une fleur pousse
Quand vous mourrez de nos amours J’enverrai sur l’air de ce temps Chanson chanteuse pour sept ans Vous l’entendrez, vous l’apprendrez Et vos lèvres m’en sauront gré Mourez de mort très lasse Que je la fasse
Quand vous mourrez de nos amours J’écrirai deux livres très beaux Qui nous serviront de tombeaux Et m’y coucherai à mon tour Car je mourrai le même jour Mourez de mort très tendre À les attendre
Quand vous mourrez de nos amours J’irai me pendre avec la clef Au crochet des bonheurs bâclés Et les chemins par nous conquis Nul ne saura jamais par qui Mourez de mort exquise Que je les dise
Quand vous mourrez de nos amours Si trop peu vous reste de moi Ne vous demandez pas pourquoi Dans les mensonges qui suivraient Nous ne serions ni beaux ni vrais Mourez de mort très vive Que je vous suive
Je voudrais voir la mer Et ses plages d’argent Et ses falaises blanches Fières dans le vent Je voudrais voir la mer Et ses oiseaux de lune Et ses chevaux de brume Et ses poissons volants
Je voudrais voir la mer Quand elle est un miroir Où passent sans se voir Des nuages de laine Et les soirs de tempête Dans la colère du ciel Entendre une baleine Appeler son amour
Je voudrais voir la mer Et danser avec elle Pour défier la mort Je voudrais voir la mer Et danser avec elle Pour défier la mort
Je voudrais voir la mer Avaler un navire Son or et ses canons Pour entendre le rire De cent millions d’enfants Qui n’ont pas peur de l’eau Qui ont envie de vivre Sans tenir un drapeau (…)
Qu’est-ce que j’ai fait au monde ? Pour qu’on m’enferme ici Pour le reste de ma vie
Qu’est-ce que j’ai fait au monde ? Y’a des jours où j’oublie Qui je suis et où je suis
Moi j’étais comme tout l’monde Je vivais ma folie Doucement sans faire de bruit
J’faisais pas mal au monde J’avais le droit aussi De vouloir lâcher mon cri
Quand j’étais enfant J’voulais toujours qu’on m’emmène Au parc Belmont Pour moi c’était ça la vie C’était la fête C’était beau comme dans ma tête Mais j’ai grandi J’ai connu la vie Et j’ai choisi d’habiter Le monde de mon imagination (…)